© 2019 par Pluradical. Créé avec Wix.com

Modalités d’action en situation : consciences du droit, consciences
de l’autre.

Coordonné par Koussens

Le deuxième axe est une plongée empirique dans différentes arènes perçues comme riches de ce que nous appelons les « occasions de radicalisation » polarisantes (santé, éducation supérieure, écoles alternatives). Il s’agit ici de réfléchir à la façon dont les services publics et les sociétés « s’accrochent » les uns aux autres à partir d’une lecture de ce que les agents des services publics font en situation, dans les espaces de rencontre entre porteurs de la diversité. Par exemple, il est attendu beaucoup des milieux éducatifs, comme usagers (parents, élèves), comme enseignants : contribuer à une plus grande justice et une meilleure cohésion sociale, à l’acquisition de plus de connaissances, au développement de l’attachement aux valeurs de la démocratie, de la tolérance, de la liberté, en confortant la confiance en soi et dans autrui. Au Québec, les directives ministérielles expliquent que dans un contexte pluraliste, l’école est un agent de cohésion qui favorise l’apprentissage du vivre ensemble et le développement d’un sentiment d’appartenance à la collectivité. 

 

C’est un lieu de vie où se côtoient différents acteurs pour « instruire, socialiser et qualifier les jeunes ». C’est aussi un espace commun traversé de polémiques et affecté par l’impact des représentations qui circulent. Il est donc assez logique d’y voir surgir des occasions de conflits, des situations et les manifestations d’un désaccord. Les arènes qui nous intéressent regorgent de ce que ces infractuosités du social, ces micro-espaces où se nouent les fils du dissensus, par exemple dans la contestation du contenu de certains enseignements (en philosophie, en histoire, en biologie), le refus d’« être Charlie », l’expression d’une admiration pour les trajectoires politiques radicales, le retrait des cérémonies officielles comme les minutes de silence, etc. L’intensité et le nombre des attentes vis-à-vis de ces institutions accentuent la charge qui pèse sur les épaules des acteurs qui en sont les ressorts et confrontés aux «occasions de radicalisation » qui nous occupent.